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La femme ovale

 

LA FEMME OVALE

Derrière chaque solo que j’ai dansé se cache une femme que je ne connais pas au départ. C’est en dansant que, doucement, un portrait émerge, puis un autre, pour créer une multitude de visages. La création de ce solo s’inscrit dans le besoin chez moi de faire vivre ces voix de femmes qui me soufflent à l’oreille. Je danse pour que ma mémoire se ravive et pour que la leur demeure. Ce solo m’habite depuis longtemps déjà. Il rejoint une partie en moi qui appartient au passé et une autre à l’avenir. À travers le mouvement, je cherche à transmettre l’essence de cette femme singulière.

— Louise Bédard


À l’image de plusieurs œuvres précédentes, comme Braise Blanche (1990), Vierge Noire (1993), Cartes postales de Chimère (1996) et Elles (2002), La femme ovale constitue un portrait chorégraphique féminin qui traduit les préoccupations sociales et individuelles de Louise Bédard.

Intriguée et interpelée par une statuette de femme, trouvée au hasard d’une errance, Louise Bédard se lance dans la création de La femme ovale, dès avril 2001. Le solo qui en résulte, interprété par la chorégraphe elle-même, nous transporte dans un univers mouvementé et dense, où le sérieux et le débridé se côtoient. Cette femme-fille-enfant énigmatique déploie son essence lumineuse dans un espace inspiré des différents éléments naturels — eau, air, terre et feu — tel un prisme aux multiples facettes. Personnage au tempérament agité, à la gestuelle nerveuse, cette femme à l’affût de ses sens est tel un volcan sur le point d’éclater.

Louise Bédard a construit sa pièce en juxtaposant la forme carrée, géométrie dans laquelle elle évolue, à la forme circulaire qui se retrouve à même son costume. Sa démarche et ses déambulations sont amplifiées par les nombreuses pelures qu’elle porte. La femme ovale s’effeuille, au gré de son parcours, marquant ainsi différentes étapes de sa révolution. Véritable métaphore des rites de passage, ce dépouillement volontaire devient pour elle une acte de libération, d’où elle trouve enfin la quintessence de l’abandon.

La femme ovale fut d’abord présentée en démonstration publique au Taller de la Bicicleta à Tlaxcala et au Centro cultural Hélenico à Mexico en novembre 2001. La première mondiale de la pièce a eu lieu au Studio Dancemakers, à Toronto, le 13 février 2003. Quelques mois plus tard, la version définitive, intégrant la musique originale de Jean Derome, était présentée du 9 au 17 mai 2003, à l’Agora de la danse, à Montréal.


  CRITIQUES

Avec La femme ovale (…) Bédard est tout ce qu’on attend d’une artiste accomplie : fascinante, provocatrice et audacieuse.»

Paula Citron, THE GLOBE AND MAIL, Toronto, février 2003

La femme ovale plonge ici dans l’abîme intérieur d’une femme jusqu’à ce qu’elle émerge d’elle-même, transfigurée. La pièce est tellement personnelle à Louise Bédard, qui se l’approprie avec tant de conviction et de maîtrise (…) Louise Bédard a l’art de créer des univers où ne se produit rien d’attendu ni de logique.»

Frédérique Doyon, LE DEVOIR, Montréal, mai 2003

On ne peut pas faire autrement que d’admirer Louise Bédard lorsqu’elle interprète sa plus récente création, La femme ovale. Cette dernière nous époustoufle par sa prestation. Durant une heure, seule sur scène, elle est continuellement en mouvement. Son endurance autant que la qualité de sa gestuelle fait plaisir à voir.»

François Dufort, DFDANSE, Montréal, mai 2003

  AFFICHE

La femme ovale (2003) - Louise Bédard Danse

  CRÉDITS

Chorégraphe et interprète

Louise Bédard

Conseillère artistique et répétitrice

Ginelle Chagnon

Scénographie et éclairages

Axel Morgenthaler

Costumes et maquillages

Angelo Barsetti

Musique originale

Jean Derome

Graphisme

Folio et Garetti

Crédits photos (promotion)

Angelo Barsetti

Crédits photos (en spectacle)

Janick Houle

Durée : 56 minutes